3 rapin


rapin

rapin [ rapɛ̃ ] n. m.
• 1824; « auteur de rapines » 1619; de rapine
Vx Jeune élève, apprenti dans un atelier de peinture. « Le gamin peintre s'appelle rapin » (Hugo).
Par ext. Peintre bohème et sans grand talent. « D'illustres ou d'obscurs rapins » (Baudelaire). Le chapeau, la lavallière, la pipe du rapin 1900.

rapin nom masculin (peut-être de râper) Familier et vieux Apprenti dans un atelier d'artiste peintre ; élève peintre. Peintre bohème, au talent douteux.

⇒RAPIN, subst. masc.
A. — Vieilli, arg. des ateliers de peint. au XIXe s. Apprenti peintre que l'on chargeait des bas travaux; élève peintre d'un maître privé. Nous prendrons (...) un domestique (...) notre ménage sera toujours fait: il cirera nos bottes, il lavera mes pinceaux, il fera nos commissions; je tâcherai même de lui inculquer le goût des beaux-arts, et je m'en ferai mon rapin (MURGER, Scènes vie boh., 1851, p. 87). [Degas] séduisait par un mélange de blague, de farce et de familiarité, où il entrait du rapin des ateliers de jadis, et je ne sais quel ingrédient venu de Naples (VALÉRY, Degas, 1936, p. 32).
[Dans des expr. figées, sert à exprimer des qualités de fantaisie, de jeunesse, de bonne humeur, le caractère bohème habituellement propre à l'élève peintre] J'appelle « faire le rapin », ce vagabondage sac au dos, d'auberge en auberge, sous prétexte d'études et de paysages sur nature (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Miss Harriet, 1883, p. 861). [Cézanne] se dit trop heureux d'avoir gardé sa vue, ses yeux miraculeux, miroirs du monde, gris et doux, tristes, parfois pétillant d'une malice de rapin dans son visage décharné, courbe, allongé par sa barbe blanche (FAURE, Hist. art, 1921, p. 216).
Farce, plaisanterie de rapin. Plaisanterie lourde, un peu vulgaire. À peine avait-il enlevé sa chemise qu'on lui montrait la porte avec des plaisanteries de rapin (LORRAIN, Phocas, 1901, p. 134).
B. — 1. Péj. Peintre médiocre. Comme exécution, cette toile n'est pas supérieure à celle des tristes rapins qui l'environnent (HUYSMANS, Art mod., 1883, p. 201). Pas mal d'amateurs ou de rapins qui ne rachètent pas leur nullité en peinture ou même en dessin par quelque imagination (ALAIN-FOURNIER, Corresp. [avec Rivière], 1906, p. 22).
2. Peintre d'allure bohème, excentrique, qui travaillait à Saint-Germain-des-Prés, à Montmartre dans les années 1900-1920; artiste peintre en général. Barbe, pipe de rapin; rapins chevelus; vieux rapin romantique; une vie de rapin. J'entrais en scène, alors, sous les traits d'un rapin Portant le large feutre et la vareuse usée (COPPÉE, Poés., t. 2, 1878, p. 364). Auprès de grands artistes fameux se sont groupés les rapins de Montmartre (BARRÈS, Pitié églises, 1914, p. 200).
En appos. Entrée du bal, était-il inscrit au-dessus de cette porte en lettres historiées d'apprenti rapin (LORRAIN, Sens. et souv., 1895, p. 147).
REM. 1. Rapinade, subst. fém., péj., vieilli. [Corresp. à supra B 1] Peinture médiocre. Je croyais que c'était (...) un portraitiste de premier ordre, qui lâchait quelques rapinades à ses heures perdues (BAUDEL., Salon, 1846, p. 146). 2. Rapinaille, subst. fém., péj., vieilli. [Corresp. à supra A] Ensemble des élèves peintres. C'étaient les cheveux de la jolie pastelliste, les cheveux d'or et de flamme qui troublaient alors toute la rapinaille du Musée (COPPÉE, Toute une jeun., 1890, p. 261).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. [1829 (La Silhouette, p. 13 d'apr. A.-J. GREIMAS, Quelques reflets de la vie soc. en 1830 dans le vocab. des journaux de mode de l'époque, Paris, 1950, p. 30)]; 1834 « apprenti peintre, peintre sans talent » (Figaro, 7 avr. d'apr. MAT. Louis-Philippe, p. 244); 1838 (BARB. D'AUREV., Memor. 1, p. 220). Orig. obsc. (FEW t. 22, p. 140b). Rien ne permet de le rapprocher de rapin « maraudeur » (1619 [J. CHAPELAIN], Trad. M. ALEMAN, Le Gueux, I, p. 286 ds QUEM. DDL t. 19) qui se rattache à rapine (FEW t. 10, p. 68a). Fréq. abs. littér.:84. Bbg. QUEM. DDL t. 19; 25 (s.v. rapinade).

rapin [ʀapɛ̃] n. m.
ÉTYM. 1824; « petit maraudeur », 1821; « auteur de rapines », 1619 in D. D. L.; de rapine, avec infl. probable de râper « prendre ».
1 Vx. Jeune élève, apprenti dans un atelier de peinture. || « Le gamin (cit. 1) peintre s'appelle rapin » (Hugo).Plaisanterie, farce de rapin : grosse plaisanterie, telle qu'en font les élèves des Beaux-arts.
1 Le regard de celui-là révélait une autorité sur cet adepte en qui des yeux exercés auraient reconnu ce joyeux élève en peinture, qu'en style d'atelier on appelle un rapin.
Balzac, Un début dans la vie, Pl., t. I, p. 635.
2 Peintre d'allure bohème et sans grand talent. || Un obscur rapin (→ Peintre, cit. 3). || Les rapins de Montparnasse, de Montmartre, de la place Pigalle (→ Danse, cit. 13; divertir, cit. 15). || Le chapeau, la lavallière, la pipe du rapin 1900.
2 (…) le rapin fleurit dans cette capitale, qu'il proclame l'Athènes moderne (…)
Nerval, Voyage en Orient, Introd., V.
3 (…) dans un milieu d'artistes et provoqué sans cesse par les rapins et les modèles (…)
Gide, Si le grain ne meurt, II, I, p. 289.
DÉR. Rapinade.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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